L'herbe rouge du pays

Le vent, tiède et endormi, poussait une brassée de feuilles contre la fenêtre. Wolf, fasciné, guettait le petit coin de jour démasqué périodiquement par le retour en arrière de la branche. Sans motif, il se secoua soudain, appuya ses mains sur le bord de son bureau et se leva. Au passage, il fit grincer la lame grinçante du parquet et ferma la porte silencieusement pour compenser. Il descendit l’escalier, se retrouva dehors et ses pieds prirent contact avec l’allée de briques, bordée d’orties bifides, qui menait au Carré, à travers l’herbe rouge du pays.

Boris Vian, Herbe rouge

dimarts, 11 de novembre del 2014

Mármol frío




Te sientas en medio del mármol húmedo,
Agrietado.
Sientes el frío remotamente,
No, no lo sientes, lo imaginas.
La noche ya cubre la esfera transparente de tus manos,
Mientras a Judas el rencor le explota las venas,
El humo tostado y agónico de tu boca se ve más
Denso que nunca en un viejo páramo invernal.
Nada importa, excepto todo el conjunto de tus pensamientos.
Pandora vuelve a acompañarte,
Se sienta a tu lado con mirada sincera,
comprensiva,
Abre la boca…
y huye con el humo
arropada,
elevada por viejas aves rezagadas,
Hacia la luz de la mañana
De un futuro incierto.

dilluns, 10 de novembre del 2014

Días suspensivos




Recorres las viejas  calles en busca de una respuesta,
una respuesta conocida por todos menos por ti.
Pensamientos que nublan tu cabeza en momentos precisos,
Sobre todo en la mañana,
Cuando la luz te cubre el rostro mientras tu mano se apoya
En una barandilla de metro llena de grasa ajena.
Hay días, y días aparte. Y días seguido, y días suspensivos…
Los días suspensivos son los más jodidos, pero los más útiles,
Normalmente, a la mañana siguiente, amanece un día aparte.
Y la grasa del metro se convierte en barandilla reconfortantemente fría,
o simplemente son tus guantes esta vez, quien arrastran la grasa,
nariz rojiza y sábanas quemadas,
juego de manos en un mundo
inmortal.

Puntos suspensivos.

dijous, 6 de novembre del 2014

Déjeuner du matin, et bonjour automne.




Il a mis le café 
Dans la tasse
Il a mis le lait
Dans la tasse de café.
Il a mis le sucre
Dans le café au lait
Avec la petite cuiller
Il a tourné
Il a bu le café au lait
Et il a reposé la tasse
Sans me parler

Il a allumé 
Une cigarette
Il a fait des ronds
Avec la fumée
Il a mis les cendres
Dans le cendrier 
Sans me parler
Sans me regarder

Il s'est levé
Il a mis 
Son chapeau sur sa tête
Il a mis son manteau de pluie
Parce qu'il pleuvait
Et il est parti
Sous la pluie
Sans une parole
Sans me regarder

Et moi j'ai pris 
Ma tête dans ma main
Et j'ai pleuré.


Jacques Prévert 


http://amediavoz.com/prevert.htm#DESAYUNO