L'herbe rouge du pays

Le vent, tiède et endormi, poussait une brassée de feuilles contre la fenêtre. Wolf, fasciné, guettait le petit coin de jour démasqué périodiquement par le retour en arrière de la branche. Sans motif, il se secoua soudain, appuya ses mains sur le bord de son bureau et se leva. Au passage, il fit grincer la lame grinçante du parquet et ferma la porte silencieusement pour compenser. Il descendit l’escalier, se retrouva dehors et ses pieds prirent contact avec l’allée de briques, bordée d’orties bifides, qui menait au Carré, à travers l’herbe rouge du pays.

Boris Vian, Herbe rouge

dimarts, 19 d’abril del 2016

Capítulo 1




CAPÍTULO 1 : Margarita
Margarita dibujaba la silueta de alcohol derramándose en el vaso de cerveza del miércoles. En el inmueble, escuchaba ruidos de platos estampados en la pila de un viejo apartamento. El olor de los naranjos se mezclaba con el aliento de Javier, acostado a su lado, que intentaba recordar el nombre de su padre entre bocanadas de aire nocturno. Ella dejó un momento el vaso en la mesa de la cocina, y reclinándose en el borde de la silla, apretando inconscientemente los dientes, pensó en su familia. Intentó imaginar por qué un día había decidió hacer las maletas y alejarse, dejando de lado las arboledas llenas de rostros conocidos, las casas que se quedaban atrás cada mañana al coger el tren, y sobre todo, sus hermanas. Apoyó el codo contra la pared blanca, y la imagen de Ana la de los ojos de hierbabuena se le presentó como una ola de mar agridulce. Recordó sus manos unidas, cómo cuando cada vez que la miraba a los ojos, dos grandes valles se formaban, y en el medio, un reír interminable que elevaba bandadas de pájaros en verano. Allí, en otro país, supo que entre cada naranjo se le reservaba un mordisco que siempre las uniría.
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CHAPITRE I: Margarita

Margarita dessinait la silhouette d'alcool qui se versait dans le verre de bière du mercredi. Dans l'immeuble, elle écoutait les bruits des plats lancés vers l'évier d'un viel appartement. L'arôme des orangers se mêlait à l'haleine de Javier qui, allongé à côté d'elle, essayait de se souvenir du prénom de son père entre des bouffés d'air nocturne. Elle laissa un instant le verre sur la table de la cuisine, et en s'appuyant sur le bord de la chaise, en serrant inconsciemment les dents, elle pensa à sa famille. Elle essaya d'imaginer pourquoi un jour elle avait décidé de faire ses valises et de s'éloigner, laissant de côté les bois comblés des visages connus, les maisons qui restaient derrière elle chaque matin au moment de prendre le train, et surtout, ses soeurs. Elle posa son coude contre le mur blanc, et l'image d'Anna, la fille des yeux de menthe se présenta comme une vague de mer aigre-douce. Elle se souvint de leurs mains unies, de comment chaque fois qu'elle la regardait dans les yeux, deux vallées se formaient, et au milieu, un rire éternel qui elevait des voilées d'oiseaux en été. Là, dans un autre pays, elle sut qu'entre chaque oranger on lui réservait un morceau qui les uniraient toujours.

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